Vincent Bavcevic est WIBS promotion 1992, actuellement Directeur du Développement EMEA d'Evernex, acteur mondial de la gestion d'infrastructure IT. "J’ai été séduit par le positionnement PME de WIBS, le caractère concret et pratique de l’enseignement et la dimension commerciale largement mise en avant. "

 

Vincent, comment as-tu découvert WIBS ?

 

J’ai découvert WIBS en participant à des événements étudiants quand j’étais encore bachelier. L’IPME-WIBS était déjà une école renommée quand je faisais mes études. En découvrant l’école, j’ai été séduit par le positionnement PME, le caractère concret et pratique de l’enseignement et la dimension commerciale largement mise en avant. 

Ce qui a été marquant pour moi à WIBS, outre le fait que je m’y suis fait de bons amis toujours là depuis 30 ans, c’était le voyage à San Francisco. Non seulement le voyage en lui-même, mais toute la partie « projet » qu’il a fallu monter pour travailler là-bas et tenter de le cofinancer. 

Avec un ami de l’école, nous avions mis en place un projet de vente de vins français à San Francisco. Nous étions très juniors et le marché était déjà très mature : Beaucoup de français s’y étaient installés forts de la renommée des vins français dans le monde. Mais nos vins étaient délicieux et originaux ! Nous sommes arrivés avec des Châteauneuf blancs et des vins de Roanne assez rares à ce moment-là dans cette ville. 

Quel bon accueil : nous avons rapidement pu construire des liens commerciaux entre les domaines et les distributeurs locaux, nous agissions tels des intermédiaires. C’était une belle aventure : nous avions loué une maison pour stocker les containers. Les distributeurs étaient amusés de voir les frenchies se présenter avec du vin transporté en moto jusqu’à la Nappa Valley !

 

Puis te voilà fraîchement diplômé ! 

 

Yes ! Avec cette formation commerciale, j’ai été immédiatement recruté par la Société Générale dans la branche Equipment Services, financement des assets. J’ai fait le reste de mon parcours dans le business d’infrastructures informatiques et technologiques avec une dimension commerciale forte.

 

Parle-nous de tes expériences plus en détails !

 

Après WIBS donc, je suis arrivé tout de suite à la Société Générale. Je suis rentré en 1993 et sorti en 1998. C’était une période où la plupart des nouveaux collaborateurs SG débutait par 6 mois d’intégration au sein du groupe pour découvrir les métiers. J’ai à ce moment-là pu sillonner la France dans plusieurs agences. J’ai passé ensuite cinq années à Lyon avant de revenir au siège de la branche Equipements & Services, financement Spéciaux d’actifs à Rueil-Malmaison pour développer une partie plus « B to B ». J’ai fait la plus grande partie de mon parcours dans le financement d’équipements aux professionnels.

Mon métier consiste à financer différents actifs pour les sociétés. J’ai d’abord réalisé du financement de biens d’équipements très variés du camion au matériel de BTP puis je me suis spécialisé dans le financement d’actifs technologiques. Nous avions des partenariats comme par exemple Compaq avec lequel nous structurions des financements technologiques très spécifiques. 

J’ai travaillé ensuite pendant un an dans une société IT, Allium, rebaptisée aujourd’hui Rigby Capital, un revendeur informatique de matériels et services qui réalisait à l’époque à 2 milliards de CA. J’occupais le poste d’account manager de financement de projets.

Puis j’ai poursuivi mon parcours au Crédit Agricole, où je me suis occupé pendant deux années du financement de l’informatique public. C’était le temps de la décentralisation, nous financions avec le support des caisses régionales les programmes d’installation de l’IT dans les établissements scolaires, des écoles élémentaires aux secondaires. Ces caisses régionales sont très actives dans le financement des équipements publics en général. Quand une commune veut réaliser des projets d’infrastructure, elle fait appel majoritairement au financement bancaire, et moi j’étais en charge spécifiquement du financement des NTIC, des nouvelles technologies. En somme, toute l’installation wifi, des équipements numériques, etc…

Après cette belle expérience, j’ai rejoint l’entreprise ARROW, un distributeur de nouvelles technologies dont le Chiffre d’affaires global pour l’année 2018 est d’environ 30 milliards de $ créer la filiale dédiée aux financements des assets d’abord en France puis en Europe. Je suis resté 15 ans avec eux, j’ai ouvert la France, la Grande-Bretagne, le Benelux (Belgique, Luxembourg et the Netherlands) ainsi que l’Espagne. Nous avons développé ensemble ARROW CAPITAL SOLUTIONS, la cellule consacrée aux financements des projets informatiques. Nous joignions aux propositions de vente un montage financier : leasing, cession de créances avec des banques partenaires. 

Dans ce business-là, on est toujours en contact avec des banques car le marché du financement est un marché très réglementé. En dehors des États-Unis, l’accès est régulé à travers l’acquisition de licences bancaires.

J’en suis parti fin 2018.

Aujourd’hui, le marché du financement d’équipements IT représentent environ 50 milliards par an, toutes établissements (banques) confondues. SG et BNP sont dans le monde des gros acteurs en dehors du marché américain incontournable.

Mon travail consiste à créer des produits, les commercialiser et gérer les relations bancaires. C’est un métier technico-financier car depuis les crises financières successives, de nombreux contrôles ont lieu pour sécuriser les transactions. C’est un métier complet et complexe : Il faut une base commerciale car la bonne gestion des relations humaines est indispensable, et une connaissance technique irréprochable des produits. Ce sont des processus exigeants et assez longs.

J’ai rejoint EVERNEXT début 2019 en tant que Directeur du développement EMEA. Il n’est plus ici question de de vente ‘équipements ; nous gérons pour nos clients les produits de façon techno-financière. Concrètement, nous assurons la gestion technique des infrastructure IT chez nos clients et EVERNEX en reste le propriétaire comptablement. Les clients en ont « juste » l’usage exclusif. C’est une excellente solution car le renouvellement régulier des technologies fait que le client n’a plus de raison valable d’être propriétaire de ces équipements. Du fait de la dépréciation comptable rapide des biens d’équipement, nous sommes passés en effet d’un marché de propriété d’un bien a un marché ou les entreprises vont vouloir se focaliser sur l’usage.

Il est donc préférable pour une entreprise d’acquérir ce qui se valorise plutôt que ce qui se déprécie rapidement.

Ma mission au sein d’Evernex est d’ouvrir des entités de financement à l’étranger, en particulier en Espagne, au Portugal et en Italie. Il s’agit de les créer, de transférer du savoir-faire, procéder au recrutement, réaliser le cas échéant des acquisitions ciblées.

 

Quel est pour toi l’élément le plus inspirant de ton travail ?

 

Je trouve que le travail à l’international est absolument passionnant. C’est ce qui m’excite encore beaucoup : aller à la découverte de nouveaux marchés, de nouvelles réglementations, constater les spécificités et me rendre compte que les acheteurs et les vendeurs du monde entier veulent les mêmes basiques. La finance dans mon métier reste très internationale ; les acteurs sont implantés dans de nombreux pays et les fabricants aujourd’hui dans l’IT sont à 99% non français !

Découvrir les richesses et les différentes cultures du monde est ce qui m’enthousiasme chaque matin quand je me lève pour aller travailler.

 

Merci pour ta participation Vincent !

 

Mai 2019