Comment as-tu découvert Weller ?

 

J’ai candidaté pour l’IPME-WELLER tout de suite après l’obtention de mon bac G3. Choisir une école de management commercial postbac était pour moi une évidence : j’avais déjà depuis longtemps un goût prononcé pour le commerce et la vente. La figure de l’entrepreneur m’avait toujours séduite et j’étais impatient d’en connaître davantage.

Qui plus est, l’IPME proposait également des voyages en Europe et à San Francisco ; je rêvais de partir en Amérique ! Ultra motivé, je me suis inscrit au concours et j’ai été admis !  

 

Comment s’est passée l’école ?

 

J’ai d’excellents souvenirs de ma scolarité chez Weller, je faisais partie d’un groupe très tonique et motivé. Conjointement à mes études, j’ai obtenu mon premier stage en entreprise en tant que tehnico-commercial en Angleterre. Belle immersion dans le monde de l’entreprise ! Je suis ravi d’avoir pu directement plonger dans le concret. Ces premiers mois m’ont aussi permis de mettre un peu d’argent de côté pour mon futur voyage à San Francisco !

 

Parlons donc de ce temps fort ? Comment as-tu trouvé San Francisco ?

 

Incomparable. A San Francisco, l’énergie et l’enthousiasme sont là et cela se ressent immédiatement. C’était la première fois que je partais seul si loin, livré à moi-même. Nous avions certes quelques soutiens et contacts, mais bien vite on se retrouve juste avec les copains, sur place, à tout devoir construire.

J’ai trouvé assez rapidement un emploi dans une chaîne de magasins qui vendaient des bottes Tony Lama et plusieurs marques de chapeaux dont les célèbres Stetson. Cela m’a bien lancé ! J’ai très vite organisé de belles fêtes pour rencontrer du monde et agrandir mon réseau ! J’ai des souvenirs incroyables de cette période ! J’étais si bien que je ne voulais plus rentrer !

L’obligation de retourner en France pour faire mon service militaire français a mis un terme à cette fantastique période américaine. J’ai dû rentrer immédiatement, au risque d’être considéré comme un déserteur.

 

Pas le choix effectivement ! Cette étape s’est-elle bien déroulée ?

 

Très bien, oui. J’avais la tête à San Francisco bien entendu, mais je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance dans mon affectation. J’ai passé mon service militaire à la Gendarmerie dans le Périgord. Cela aura pu être pire.

Mes supérieurs, ayant remarqué mes facilités commerciales et mon esprit d’entreprise, m’ont chargé de m’occuper des affaires immobilières de la gendarmerie. J’étais sur le terrain au quotidien et je m’occupais de la valorisation et de la cession de biens faisant partie de leurs parcs immobiliers.

WIBS m’avait donné un enseignement commercial tout-terrain, aussi je savais bien me débrouiller dans toutes les circonstances ; je me donnais à fond et les résultats étaient là. Je remercie aujourd’hui l’école pour la maturité qu’elle m’a permis d’atteindre rapidement.

 

Parle-nous de l’après-WIBS!

 

Une fois le diplôme obtenu, j’ai intégré l’entreprise Pyramide qui fabrique des structures artificielles d’escalade. C’était une petite structure familiale et mes missions touchaient à tous les domaines de l’entreprise : fabrication des panneaux, promotion, commercial, publicité, prescription, etc.

J’avais entre autres la responsabilité de l’organisation de championnats d’escalade en relation avec les villes et les collectivités locales. J’ai fait ce travail 5 ans puis je suis passé à autre chose.

Je voulais ensuite me tester dans la vente directe et j’ai trouvé un poste de commercial dans la société « GAM restauration » basé à Reims. Elle proposait des produits lyophilisés. Je ne suis resté que 6 mois car je n’accrochais pas véritablement avec leur concept et leur état d’esprit.

J’ai intégré quelque temps plus tard la société Gerflor en tant que commercial-prescripteur. Responsable des sports pour la région parisienne, mon travail consistait à conseiller les infrastructures sportives et collectivités au sujet des meilleurs revêtements de sol pour leurs différentes activités. Ma formation sportive et mon goût pour le sport m’ont beaucoup aidé dans cette mission qui a elle duré 3 années.

Gerflor m’a proposé en mai 1999 de m’expatrier en tant que responsable nord-est des Etats-Unis. J’ai quitté la France de nouveau pour aller vivre près de New York pendant 3 ans, dans le New Jersey. Superbe, les Etats-Unis de nouveau !

 

Côte Est cette fois-ci !

 

Oui, la côte Est, mais juste pour 3 ans...Ma hiérarchie m’a annoncé en juillet 2002 ma promotion pour la direction commerciale nord Amérique dont le siège est en Géorgie, à Atlanta. J’ai dû emboîter le pas.

 

Quel changement de région !

 

Oui, c’est une autre Amérique... Il a fallu s’adapter, ce qui m’a pris quelque temps.

J’ai pendant ces années bien fait grandir la division sports. Nous adressions les auberges de jeunesse (YMCA), les clubs (boys and girls club), les gymnases scolaires, terrains de basket et volley, etc…

Fin 2008, j’ai été chassé par la société FieldTurf (Tarkett Company) qui voulait développer son activité revêtement sportif indoor en Amérique. Je les ai rejoints en janvier 2009. Tarkett Company est une superbe et gigantesque entreprise (36 usines dans le monde, 13000 employés, leader européen et 3eme mondial du secteur) dont le siège est à La Défense.

Le département sports indoor n’existant pas aux Etats Unis, ils m’ont donné quelques années pour développer ce segment d’activité en partant de zéro : j’ai trouvé ce défi extrêmement stimulant. Ils m’ont fait confiance alors même que la crise économique des années 2000 ne facilitait pas la tâche. J’ai dû recruter, former des dizaines d’employés et monter des équipes performantes très orientés terrain pour parvenir à remplir cette mission. Je me sentais, et je me sens toujours, comme un entrepreneur dans une très grande entreprise.

Je suis aujourd’hui Vice Président Indoor Products de la division Sports pour l’Amérique du Nord.

 

Que souhaitez-vous partager avec les étudiants et anciens qui vous liront ?

 

Je suis très reconnaissant à la formation WIBS car elle m’a appris à oser. J’ai reçu de bonnes bases en management que j’emploie toujours : cela fait 14 ans que je travaille avec la même équipe, nous avons de véritables relations de partenaires au quotidien. C’est très précieux pour que la croissance soit forte et durable.

Dans ma division, je fais en sorte tout le monde participe à l’embauche. Aujourd’hui, je n’ai encore eu à renvoyer personne ! Je privilégie tant que je peux le bien-être collectif dans toutes mes décisions de chef d’entreprise.

Les Américains ont une expression que j’adore : « Praise the mistake ! » (priez pour faire des erreurs). Cette expression signifie que l’échec a une vertu et qu’il permet également de se réaliser. Quand on subit un échec, on sent sa place, sa force et ses faiblesses, ses vraies valeurs. Ses difficultés permettent de se découvrir très profondément et souvent d’aller chercher dans ses ressources en soi des forces insoupçonnées.

Non pas que je préfère cela au succès (rires), mais je pense qu’on apprécie encore davantage le beau temps si on a connu quelques tempêtes !

 

Excellente continuation Stéphane ! A très bientôt !

Juillet 2017