Bonjour Redouane, parlez-nous de votre parcours et de votre rencontre avec WIBS ?

Après mon bac ES, je me suis directement orienté vers l’université pour réaliser une licence de droit à Nanterre Paris-Ouest La Défense. J’ai choisi le droit car je n’avais pas de vision très précise quant à ma formation supérieure. Ce dont j’étais en revanche déjà convaincu, c’est qu’une formation solide en droit me servirait de toute façon !

C’est sur les bancs de l’université, pendant ma seconde année de licence, que je me suis lancé dans la création de ma première entreprise. Il s’agissait d’une entreprise spécialisée dans le prêt-à-porter que j’ai baptisé REDZAA. REDZAA est le surnom que mes amis me donnent depuis mon adolescence ; je trouvais que cela sonnait bien pour une marque de Street Wear.

La marque a reçu un accueil favorable du public : nous sommes parvenus en peu de temps à obtenir une trentaine de points de vente dans les plus grands centres commerciaux de l’hexagone !

Cette belle aventure a duré environ 4 années ; elle m’a occupé pendant la moitié de ma licence, et durant mon voyage d’un an et demi à Hong-Kong ! La société a ensuite cessé son activité - avec des bénéfices, je précise ! - car je voulais me consacrer à de nouvelles choses.

 

Alors, ce voyage à Hong-Kong !?

J’avais envie de découvrir l’Asie et de m’immerger dans ce continent depuis longtemps. Je me suis donc lancé ! Là-bas, tout est si différent que mon intégration dans les premières semaines n’a pas toujours été évidente. Je me souviens en particulier de mon premier stage là-bas en 2006 où j’ai connu une petite mésaventure financière :

J’avais trouvé, à force de recherches, un stage intéressant dans une agence immobilière entre Shentzen et Hong-Kong, idéal pour sentir le marché et m’acclimater aux comportements locaux. J’y travaille donc quelques semaines et vient le temps de recevoir ma fiche de paie. Tout était en chinois mais je n’étais pas inquiet. C’est lors du transfert sur mon compte que j’ai découvert que le virement que j’espérais être de 500 euros était en réalité 500 yuan, soit environ dix fois moins ! J’en ai tiré la leçon qui s’impose : je devais me perfectionner vite dans la langue écrite et parlée (rires). C’est comme ça qu’on apprend !

 

Et c’est donc reparti pour la recherche d’emploi !

Oui ! Après cette petite mésaventure, il était hors de question que je rentre immédiatement ; je me suis donc remis en quête d’un nouveau job. J’ai trouvé assez rapidement un poste d’initiation au français pour des élèves déjà anglophones à l’université de Jiangmen, pas trop loin de chez moi. L’université me proposait 250 euros, revenu plus que correct dans une région où le SMIC local était d’environ 80 euros.

Ce job me permettait de payer mes factures sur place, mais je n’étais pas encore pleinement satisfait de l’envergure de ce poste. Je profitais donc des weekends pour me rendre à Canton, activer et développer un réseau chinois performant.

Un jour au restaurant, je fais la rencontre d’un allemand d’origine libanaise qui cherchait des usines pour produire des lecteurs MP4. Nous étions à l’époque quelques années avant l’Iphone, c’était l’époque des petits lecteurs portables baladeurs, avec dans le meilleur des cas un petit écran pour visionner des vidéos.

Je décide de l’aider gracieusement : je lui ai promis de m’occuper de son cas et de l’introduire à une usine que je connaissais qui faisait de la qualité. Une fois l’entremise effectuée, une commande de 10000 unités a été lancée ! Parfait. Pour me remercier de ce geste, il m’a présenté une personne influente dans le domaine de l’Outsourcing dans la région de Canton.

 

Les bénéfices d’un réseau solide…

Oui, et une remarquable rencontre à la clé. Mon recrutement dans son entreprise s’est fait simplement et rapidement. Mon profil international l’intéressait beaucoup pour le développement commercial : je parle français, anglais, espagnol, arabe, pas mal le chinois et le turc. Je représentais donc une valeur ajoutée pour lui sur plusieurs marchés porteurs : cela lui ouvrait des portes pour toute l’Afrique (francophone et anglophone), l’Europe, Suisse, Belgique, Espagne et le Canada.

Après une courte période de test, l’entreprise me confie plusieurs départements Export : l’Afrique, l’Europe de L’Ouest et le Canada.

Mon quotidien professionnel consistait à être l’interface entre mes clients et les usines. Proposition, discussion, négociation puis, quand tout le monde est d’accord : production !

C’était motivant et grisant ! je faisais un travail que j’aimais et qui me permettait de bien gagner ma vie.

 

Combien de temps a duré cette expérience ?

Elle a duré relativement peu de temps, car j’ai vite décidé de revenir en France. La France me manquait et je voulais structurer davantage mon profil professionnel : évoluer sans un diplôme Bac+5 comportait à mon sens un risque certain pour l’avenir si je retournais travailler en Europe. J’ai donc choisi de revenir pour assurer une formation performante et reconnue sur le marché du travail afin d’enrichir mes perspectives d’évolution.

De retour à Paris, je me lance donc dans une quantité de tests pour de nombreuses écoles supérieures de commerce. Parallèlement, je suis recruté chez General Electric au service de recouvrement judiciaire (titres exécutoires, etc.). Je m’occupais des dossiers en défaut de paiement et j’engageais des procédures de recouvrement.

 

Votre expérience WIBS débute alors ?

C’est à ce moment-là qu’une de mes collègues du service judiciaire à la Défense me parle de WIBS, me partage qu’elle avait fait les tests et qu’elle allait débuter son année. Elle me présente les arguments en faveur de cette école, et parvient à me convaincre : je me lance dans la procédure d’admission à mon tour.

J’ai choisi WIBS car elle a un côté humain différent qui se ressent dès les premiers entretiens. On m’a reçu, écouté, j’ai senti qu’il y avait une prise de charge de la personne globale. On m’a orienté en fonction de mon vécu :  il y avait un vrai contact.

Dans les autres écoles, on m’a pris pour un élève. Chez WIBS, ils ont écouté d’abord, posé des questions et orienté ensuite. Avec WIBS, j’étais Redouane ! Cela peut paraître cliché, mais je ne suis pas le seul de ma promotion à l’avoir ressenti !

 

Quel mastère avez-vous choisi ?

J’ai débuté un Mastère en développement commercial certifié niveau 1. Mon stage de fin d’année s’est déroulé chez Renault, dans le service communication du Techno Centre.

J’ai validé le niveau puis j’ai enchainé immédiatement avec le MBA WIBS en 2010 pour développer encore davantage mes compétences de gestion à l’international. J’étais le seul français dans ma classe ! Encore une excellente année ! Je travaillais en parallèle chez American Express en tant qu’Analyste Risques.

 

Comment s’est passé l’après WIBS après ces formations ? Avez-vous atteint votre objectif ?

Oui, mon parcours est devenu plus lisible pour les recruteurs. Après American Express, j’ai rejoint Natixis à la division affacturage Grands Comptes.

L’affacturage est une solution de crédit pour les entreprises intégrant toute la gestion du poste clients. Je suis resté à ce poste 1 année. Le directeur Marketing affacturage qui m’a repéré lors d’une réunion, m’a proposé un poste de chef de projet Junior. Mais cela équivalait à un nouveau CDD de 6 mois. Ne voulant pas multiplier les CDD, j’ai décliné l’offre et j’ai quitté Natixis.

Deux mois plus tard, après 4 entretiens et un test, j’intègre BNP Paribas. Ayant déjà travaillé aux grands comptes BNP me propose un poste de chargé d’affaires professionnels à BNP Paris 16 Michel Ange Auteuil. Je rentre dans ce réseau pendant deux ans et demi.

Fin 2014, j’ai un nouveau projet entrepreneurial en tête : Je décide de racheter les droits d’exploitation d’une marque américaine pour l’exploiter en Europe.

 

Ah génial ! De quoi s’agit-il ?

C’est un produit innovant d’assaisonnement sous forme de poudres pour les frites, le riz, les nuggets, les pates. Il est très populaire en Asie et présente une vraie alternative aux sauces connus. Je me dédie donc à cela complètement durant l’année dernière. Je le vends essentiellement à des grossistes Cash & Carry qui eux le revendent ensuite aux restos concernées.

 

Et ça marche ?

Oui, ça commence à bouger actuellement, au prix de nombreux efforts !

Pendant ce temps je remets en 2015 mon CV en ligne pour d’évidentes raisons financières. Compte tenu de mon CV, une semaine après, j’avais déjà des propositions. Mission accomplie !

J’opte alors pour Allianz qui me propose un poste de gestionnaire en patrimoine financier.  Mon métier est très technique et très humain, c’est cela qui me plaît. Je fais profiter mes clients de mon expertise et de mon expérience dans la valorisation du capital et de l’épargne, optimisation de la transmission/succession, conseil juridique et fiscal, préparation de la retraite. Je me sens très chez Allianz.

 

Excellent ! Quelque chose me dit que vous n’avez pas dit votre dernier mot en ce qui concerne l’entreprenariat !?

(Rires) Entreprendre est pour moi quelque chose d’addictif. Il est difficile de m’en passer, bien que j’aime ce que je fais actuellement. Je pense et travaille à plusieurs choses, mais pour le moment je suis encore trop tôt dans mon projet pour communiquer. Pas d’inquiétude : les anciens WIBS seront les premiers avertis !

N’hésitez surtout pas à nous tenir au courant ! Bonne continuation et bravo pour votre créativité Redouane !

 

Avril 2016