Eric Romain, Promotion 1991 à Tours.

Comment as-tu fait la rencontre de Weller?

Je suis né à Manosque, j’ai passé mon enfance à Cherbourg. Je suis arrivé à Tours où j’ai vécu de 12 ans 29 ans, jusqu’à mon départ pour la Floride! 

Je suis tombé amoureux des États Unis quand j’avais 17 ans. J’ai découvert ce merveilleux continent, où j’habite depuis 19 ans, à l’occasion d’un échange linguistique en Californie pendant les deux mois de mes vacances d’été. Ce séjour a changé ma vie.

Je finissais ma seconde et je suis particulièrement bien tombé dans une famille très internationale dans son approche, très ouverte d’esprit : parfaite. Ils m’ont emmené partout, m’ont montré le style de vie américain. J’ai adoré.

Une fois rentré, ma seule obsession était d’y revenir et de m’y installer, cette fois-ci pour de bon.

De retour à Tours, des rêves plein la tête, je poursuis mes études et obtiens mon bac économique. J’enchaine directement par un BTS de commerce international.

A la sortie du BTS, je voulais encore apprendre, me spécialiser, et bien entendu trouver le moyen de partir aux États-Unis !

Je découvre WIBS, qui propose une formation avec un séjour de 6 mois à San Francisco, visa de travail inclus. Ce voyage-là m’a vraiment marqué : je me souviens encore des dates ! Je suis resté chez WIBS deux ans : j’ai suivi les enseignements  dans leur succursale à Tours même, promo 1991.

Mes années WIBS restent un très bon souvenir. Ce superbe voyage m’a permis de redécouvrir la Californie en tant que travailleur, non plus simplement comme touriste. J’avais un emploi du temps charge : cours le matin, boulot le soir pour financer mon voyage et la vie sur place.

Je garde un micro-regret : je suis resté dans un milieu très français, trop français, là-bas. Cela avait des bons côtés évidemment, mais ça ne m’a pas permis de découvrir la culture et les gens à plein régime, en totale immersion. Une prochaine fois!

Après WIBS, service militaire direct dans l’armée de l’air pendant 13 mois. Fraîchement rentré, Foot Locker m’engage comme directeur de magasin sur Tours. Entreprise américaine, Foot Locker m’a séduit et sous entends ma sponsorisation pour aller travailler aux États Unis si je restais travailler chez eux. En attendant, mon travail consistait à vendre, gérer les stocks et le personnel. J’y suis resté 2 ans.

 

Je n’entends plus vraiment parler des États-Unis ?

 

Si justement ! Les « américanophiles » le savent, la technique la plus aisée pour aller vivre aux États Unis, c’est de prendre un visa étudiant qui permet de rester 5 ans sur place. Alors je me suis dit : c’est reparti pour les études !

Pour étudier aux US, il faut le TOEFL (Test of English as a Foreign Language) : je l’ai bossé, je l’ai passé, je l’ai eu : me voilà donc à la Florida International University à Boca Raton en Floride, une heure au nord de Miami.

Je travaille alors dans un restaurant français à mi-temps pour tout payer. Au fil des rencontres, je me retrouve à travailler comme Steward pendant une année dans une compagnie aérienne qui recherchait des bilingues francophones pour une compagnie qui transportait beaucoup de canadiens français.

Il s’agissait de vols principalement intérieurs: c’était un peu répétitif pour moi. Je demande à changer de poste.

Je me retrouve à travailler au sol pour le tour-opérateur de la même compagnie. Je fais de l’enregistrement de données informatiques. En parallèle je retourne encore à l’école en cours du soir, cette fois-ci pour passer un diplôme « d’Associate of science » en informatique au Keiser College en Floride, l’équivalent d’un BTS de réseaux informatiques.

Ainsi en avril 2000, je deviens diplômé de nouveau!

Une nouvelle recrue arrive dans ma société et me fait accéder à une promotion : je deviens Office Manager et Coordinateur de Marketing, jusqu’en septembre 2004. Nettement plus motivant !

Hélas, en plein milieu de notre saison Ouragan, la tempete « Frances », categorie 4 (230 km/h) s’abat sur les Bahamas et detruit/endommage la grande majorité de nos hôtels partenaires qui se trouvait là-bas. Nos bureaux ferment dans les jours qui suivent et 70 personnes sont licenciées…

 

Comment as tu rebondi face à cette catastrophe ?

 

Bien. J’avais perdu mon emploi, mais pas mon moral.

Une semaine plus tard, je retrouve du travail grâce à mon frère dans la division export d’un fabricant et distributeur de produits piscine. Je travaille avec eux de 2004 à 2012. Étant francophone, on me demande de m’occuper d’une grande partie de l’Europe et des caraïbes françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélemy, La Guyane Française) et puis Haïti.

Je m’occupe des ventes et du passage des commandes, de l’administratif en général et en particulier. Je réalise beaucoup de voyages dans ces territoires pour créer le relationnel et participer aux différentes foires internationales et locales du secteur.

En Janvier 2008, je suis promu directeur des ventes et du marketing monde. je travaille alors avec une équipe de 8 vendeurs et 3 logisticiens. Encore beaucoup plus de voyages : l’Inde, La Réunion, l’Ile Maurice, le Sri Lanka, l’Afrique du nord, l’Amérique Centrale, l’Amérique du Sud. Le seul continent que je n’ai pas fait, c’est l’Océanie!

Et, entretemps, je me marie avec une péruvienne !

 

Coup de frein sur les voyages j’imagine...

 

Oui. Je quitte HornerXpress Worldwide pour être davantage disponible pour fonder une famille. Je rejoins MotionPoint en tant que manager de projet. Cela fait trois ans et demi que j’y suis.

Motion Point est une entreprise unique : nous faisons de la traduction et localisation de sites internet grâce à une solution « Proxy ». Cette approche nous permet la traduction du site de nos clients sans intégration directe avec leurs serveurs.

Notre technologie est incroyable. D’un point de vue technique nos clients ont finalement très peu de choses à faire. Un exemple concret : Pour UPS, nous nous occupons de la traduction de leur site d’offre d’emploi en 42 langues pour 56 marchés différents. Chaque visiteur du site a une expérience parfaite du site, dans sa langue, immédiatement. Mes autres comptes clés sont Ford, Hyundai, Mazda ce qui me convient puisque je suis passionné par l’automobile…

Ce métier nécessite évidemment d’être très polyvalent : IT, communication, vente, gestion de projets complexes, etc...Il faut être en constante communication avec nos équipes et le client pour faire avancer les choses.

 

As-tu quelques conseils à donner aux jeunes étudiants, à nos futurs diplômés ?

 

Voyagez beaucoup, le plus jeune possible, le plus possible. Pour vous rendre compte par vous-même que votre vie quotidienne n’est qu’une façon de faire, et qu’il en existe des milliers ! Pour ma part, si j’avais connu Saint Martin ou la Guyane avant et autrement, il y a de grandes chances que je me sois expatrié sur ces territoires. C’est tellement superbe !

Définissez le plus tôt possible ce que vous voulez vivre et ce qu’il faut faire pour y arriver. Une vie épanouie, c’est un rêve solide, et un plan solide pour le réaliser.

Mon propre plan a subi pas mal de modifications, mais j’ai réussi ! Les États Unis ont cela de fantastique que si tu travailles dur, les choses bougent vraiment!

Rêvez grand, et vous réaliserez grand !

 

Merci pour cette interview depuis la Floride ! Excellente réussite et bonne continuation !

 

02/12/2015